Patrimoine religieux : croix, fontaines et chapelles

Saint-Clair : sa fontaine, sa croix, sa chapelle

La fontaine Saint-Clair
La fontaine Saint-Clair

De Rome, Saint-Clair fut envoyé comme missionnaire en Armorique. Il s’établit d’abord à Nantes, dont il devint le premier évêque, mais en même temps il étendit son champ d’action aux campagnes d’alentour. C’est ainsi qu’on le vit à Plessé, Guenrouët, Guémené-Penfao, etc. Toutes ces Paroissses et bien d’autres lui ont dédié des chapelles.
Bien vite pourtant il jeta son dévolu sur le pays des Vénètes. Après une halte dans la presqu’île guérandaise, à Saillé dont il reste le Patron, il parvint à Limerzel.

S’étant arrêté près du village de kervilliers, voici qu’il fit jaillir une fontaine et commence à prêcher l’évangile, accompagnant sa prédication de nombreux miracles dont celui de rendre la vue aux aveugles qui vont se mouiller les yeux à l’eau de sa fontaine. Après Limerzel, c’est Vannes et sa région qui bénéficient de sa visite. Son renom va sans cesse grandissant…Bientôt, il se met en route vers le nord de la Bretagne, évangélise Ménéac et Mohon et parvient à Réguiny : c’est là qu’il meurt et c’est là qu’il est enterré. Dès le XIVè siècle, la paroisse de Limerzel reconnaissante lui construit une chapelle à deux cent mètres de la fontaine, sur la voie romaine qui l’avait amené jusque là. Au XVIIIe siècle, cette chapelle était le sanctuaire de la frairie de Crévéac. La famille Grignon de La Garenne tenait une place très importante parmi ses bienfaiteurs. Celle que familièrement, nous appelons la “Grignonne” aimait à y venir prier avec les gens du voisinage. Plusieurs fois restaurée au cours des âges, elle le fut magnifiquement par le recteur l’abbé Joseph Becel, qui, dès son arrivée dans la paroisse et bien qu’il eut une église nouvelle à bâtir, fit rehausser les murs, ce qu’on remarque facilement, et remplacer charpente et couverture.

La chapelle Saint-Clair
La chapelle Saint-Clair

Entre la chapelle et la fontaine, tout près du ruisseau, se dresse une croix de granit fort ancienne qui repose sur un socle naturellement plus récent : celui-ci, en effet, indique une date : 1818, qui ne saurait être celle de la croix. Chaque année, à l’occasion de la Saint Clair, des pèlerins s’arrêtent un instant à la fontaine pour y dire une prière et s’y laver les yeux ; ils s’en vont ensuite à la chapelle où la messe est dite et prennent part à la fête champêtre organisée dans la prairie voisine. Ce coin de Saint Clair est également fréquenté par les touristes et les vacanciers : à la belle saison, on les voit nombreux se promener sous les chênes, les châtaigniers et les sapins… Ils sont, eux aussi, les protégés de Saint Clair.

Le temple de haut : la chapelle Saint Julien

39La chapelle du village qui porte ce nom était jadis appelée “Temple Neuf” sans doute pour la distinguer du temple de bas que l’on appelait le “Vieil Temple”. Quand les templiers disparurent elle devint chapelle paroissiale et fut mise à la disposition et à la charge de la frairie de Montaigu. L’édifice actuel, en appareil irrégulier, de forme rectangulaire, avec dans le pignon Est, une fenêtre ogivale à deux meneaux en trilobes et quatre feuilles, parait être de la fin du XIV siècle. Au-dessus du portail se dresse un clocheton du XVIe siècle et la cloche qu’il contient date de 1670 environ.

Le rétable de l’autel est remarquable. D’une seule pièce, il est en granit sculpté et divisé en quatre compartiments surmontés d’arcades en trilobes. On rapporte qu’en 1885, sous l’impulsion du recteur, une souscription fut ouverte auprès des paroissiens prénommés Julien pour doter cette chapelle du Temple de Haut d’une nouvelle statue de leur saint patron. On réussit de la sorte à réunir les cent vingt francs qu’elle coûtait. Il existait jadis un cimetière autour de la chapelle, mais on enterrait aussi, du moins à une certaine époque, dans la chapelle. En construisant le piedestal de la statue de saint Julien, les maçons Louis Guégan et Louis Traverson trouvèrent un crâne humain sous le dallage. A quelques pas de la chapelle se trouve une croix de granit très belle et très ancienne. Elle serait de la fin du xvè siècle.

 

La Chapelle Saint-Louis

Nous ne savons rien de l’ancienneté de cette chapelle qui était la chapelle de la frairie de Bodéria-Bé. Mais nous pouvons y voir, posé sur l’autel, un panneau de chêne semi-circulaire et sculpté sur ses deux faces : côté exposition, il représente la Cène du jeudi saint et, de l’autre, trois personnages costumés semble t-il, à la manière du XVIIe siècle.

Au sommet de ce panneau, à la base d’une croix qui devait le surmonter et qui a disparu, allongés sur le cintre, deux lions à tête humaine et perruque se faisant vis à vis.

Un détail : au lieu de se fixer dans les yeux, ils tournent la tête vers qui les observe. Trois soleils disposés en triangle ressortent du large encadrement décoré de fines écailles sculptées à même le bois. Sur le mur opposé à la porte d’entrée, on notera cette curieuse inscription : “BELANCHIE P : JO : PONDAR LAN : 1784.”