Histoires, légendes…

La grignonne

La tombe de la grignonne est visible à l’église.

Au début du 18ème siècle, les paroissiens vénèrent un personnage emblématique de leur communauté : Jeanne Goupil, dite La Grignonne. Jeanne Goupil est née le 9 septembre 1690. A l’âge de 15 ans, elle épouse M. Joseph Grignon, médecin à la Garenne, un village situé dans le Nord-Est de la commune. Mère de huit enfants, Jeanne Goupil acquiert des connaissances médicales qu’elle utilisera avec talent pour soigner les blessés et soulager les souffrants. De part les résultats extraordinaires qu’elle obtient, sa renommée grandit de jour en jour. Les gens viennent de toute part pour bénéficier de ses soins et partager sa grande ferveur religieuse. Elle meurt en odeur de sainteté le 30 septembre 1770.
Sa pierre tombale est située dans l’église (à gauche du transept) à l’endroit même où elle suivait les offices dans l’ancienne église. On y vient encore présenter les jeunes enfants qui tardent à marcher ou pour soulager des douleurs articulaires.

Le chêne creux de Julien Minier

L'arbre creux est visible au Clos Minier
L’arbre creux est visible au Clos Minier

Julien-François Minier, né à Rochefort en Terre en 1757, est nommé vicaire à Limerzel en 1787. Prêtre réfractaire en 1790, il refuse de prêter serment et de s’exiler en Espagne. Il choisit de rester caché dans la commune et de continuer à exercer son ministère clandestinement. En pleine terreur, pourchassé par les Bleus, il fait de ce chêne creux un refuge. Il est arrêté à Pluherlin le 6 janvier 1794, rapidement jugé à Lorient où il est exécuté sur l’échafaud, cinq jours plus tard.  Un tableau représentant son exécution est visible dans l’église.

La légende de l’homme rouge

Une histoire est souvent relatée dans les écrits sur Limerzel. Sans doute est-elle liée à l’époque où le Roi de France Philippe Le Bel décide de poursuivre les Templiers, de les éliminer et de s’accaparer leurs richesses. Peut-être s’agissait-il de l’un d’entre eux qui cherchait refuge. Voici ce qu’on raconte :

“…On était au commencement de septembre. On battait aux fléaux le blé noir dans la rue du village du Temple de Bas. Tout le monde était réuni afin de rentrer au plus vite le grain, car l’orage menaçait et les batteurs frappaient en cadence en chantant. Tout à coup l’orage éclate, un éclair arrête la batterie, la foudre tombe de tous côtés, et une pluie torrentielle inonde la rue. On se précipite à l’abri sous la grange, mais se retournant, tous restent saisis d’effroi. Là…, au bout du pailler, à demi renversé, se tient un homme rouge… tout rouge ! ne faisant pas un geste, ne disant rien. Bien sûr il est tombé dans le coup de tonnerre… L’orage calmé, l’homme est là, toujours immobile. Peu à peu cependant, la première frayeur passée, chacun rentre chez soi, remettant à son voisin les soins à donner à l’inconnu. Le lendemain matin, l’homme rouge était toujours à la même place sans mouvement, et paraissant exténué. Pensant qu’il devait peut-être avoir faim, quelques-uns des plus hardis du village, allèrent chercher un peu de nourriture et une cruche d’eau qu’ils placèrent à sa portée à l’aide d’une fourche, car on n’osait s’approcher. Au bout de trois jours l’homme mourut sans avoir dit un mot à personne. On s’en fut alors chez le Recteur lui conter l’événement et demander de procéder à l’enterrement de cette créature extraordinaire. Le Recteur vint voir le mort et déclara qu’il ne l’enterrerait pas à l’église paroissiale, mais que, comme il avait toute l’apparence d’un homme et qu’il pouvait être chrétien, on lui creuserait une tombe près de la chapelle ; car la chapelle était debout à ce moment-là. Une croix de granit fut posée sur sa tombe…”


Il est une rue dans le bourg de Limerzel qui part du Presbytère pour aller jusqu’à l’école Saint-Sixte : Le chemin rouge. On raconte que ce chemin porte son nom depuis l’époque où le Roi Philippe Le Bel jaloux de leur influence et de leurs richesses, décida de chasser et d’exterminer tous les moines appartenants à l’Ordre du Temple. Les exécutions des templiers furent si nombreuses et le sang versé fut tel qu’il coulait à descendre le chemin au point de colorer le sol en rouge… Pour en savoir plus sur cette époque : www.templiers.org/templiers.php

Le Pennon Héraldique

169L’ancien tribunal est signalé par un panneau dit de justice, représentant les armes des familles nobles de la région et symbolisant leurs droits et prérogatives. C’est un médaillon de calcaire peint, inclus dans une maçonnerie de granit. Travaillé en bas relief, il est divisé en 9 quartiers, surmontés d’un heaume, entourés d’un collier de l’ordre du Roi, le tout inscrit dans un ovale figurant l’insigne de la Cordelière, institué par Anne de Bretagne. Chaque quartier représente un blason dont M. Rean de Kerviler a laissé le détail. D’après la disposition des écus, ce panonceau a été réalisé sur l’ordre de Jeanne Catherine de la Piguelais, veuve de René Cybouault, douairière de Pinieux de 1619 à 1645. Au premier quartier du chef figure en bonne place le blason des Rochefort, suzerains suivants.